Ce 18 juillet est un samedi comme les autres ?… Non !

10/09/2020 13:47

Depuis un certain temps, le samedi, à 8 h 30, l’association Echappées Belles a convenu de faire une virée en tandems, plusieurs tandems, souvent 6 et retour vers 12 h 30. Ce jour tout est chamboulé. Un seul se profilera à l’horizon, l’horloge est déréglée, pégase ne sortira de son box qu’à 9 h, non, non, un petit ennui d’ouverture le libérera plus tard. Les circuits région de Thoiry, que diantre pas ce jour, la Vallée de Chevreuse sera courtisée. La Vallée de Chevreuse ! de la folie, y’a que des bosses ! Mais non il y a des parcours très cool, rassure Daniel, un doux rêveur, un peu fou pour entrainer son monde dans une telle galère … Tabernacle ! la Vallée de Chevreuse, et en tandem, y vont y laisser leur peau, les inconscients ! Ce sont les rumeurs qui courent près du local. Colette, une jeune doyenne, part avec une confiance toute relative. Maintenant vous avez la composition de l’unique équipage du jour. Il nous faut traverser Versailles, Satanas avec toutes les voitures, et le coeur volant où elles nous bousculent. Une bonne fée va nous guider, nous allons ruser. Début du parcours en « campagne », chemin de l’Auberderie, forêt de Marly les 2 portes, un petit bout route haut du coeur volant et piste cyclable, porte St Antoine, le grand canal, les matelots, pièce d’eau des suisses. Les voitures ? chacun a sa route. Sortant du haut de la pièce d’eau des suisses, juste après le chemin de fer, une stèle en pierre nous interpelle. Allons donc voir. C’est Clément Ader, sur sa table de travail, étudiant des oiseaux qui vont l’inspirer pour la construction de ses machines volantes. A partir de ce moment notre sortie va se dérégler. Quelques instants plus loin, sur le plateau de Satory, un arrêt devient pertinent, l’histoire oblige, nous sommes sur un haut lieu de l’aviation : ici le 9 octobre 1897 Clément Ader sur sa machine, sorte d’énorme chauve-souris, qu’il a appelé AVION, nom qui deviendra commun, pour la première fois réussira à voler sur 300 m. L’aviation était née ! C’est une très bonne nouvelle, nous en faisons profiter des Allemands venus se promener dans les parages. Une petite pancarte, qui s’est égarée dans les hautes herbes, marque cette prestigieuse date. Continuons notre route, La Minière, Haut le Buc … v’la t’y pas qu’nous nous trouvons nez à nez avec un mirage 3, on pile. Cette engin étant très rapide, furtif, hyper agile, est insaisissable, tel un mirage d’où le nom donné par Marcel Dassault son
concepteur. La chaleur monte, après avoir vu un mirage, il est temps de décoller, enfourchons pégase à 2 places, Versailles nous colle aux baskettes, c’est à 2km. Soyons prudent, pas le nez dans le guidon, traversons la route, on lève les yeux, nous voici à l’entrée d’un ancien aérodrome où Henri Blériot venait « jouer dans la cour des grands », il est représenté sur les murs, entouré de plans de ses engins appelés BLERIOT 1,2,3, sa vie est décrite, il nous est rappelé qu’il est le premier à avoir traversé la Manche, Calais - Douvres, le 25 juillet 1909 à la vitesse de 55 km/h en 37 mn. Notez les 2 dates 1897 et 1909 très proches, un grand pas franchi. A cette époque, l’aéronautique était maitre des lieux, terrains à Satory, Buc, Toussus le Noble, Guyancourt. Nous sommes toujours aux portes de Versailles, la route ne défile pas vite, mais l’horloge s’emballe, 11 h passé. Descendons Châteaufort, en haut la stèle de Jacques Anquetil, 5 tours de France, 9 grand prix des nations, Bordeaux-Paris, le Dauphiné, record de l’heure, salut maître Jacques, plus le temps de s’attarder. En bas à gauche glissons dans la vallée, un bout de l’Orne semble-t-il, chevaux, petite rivière, haies, le tableau est complet. Au bout Gyf sur Yvette, une agréable piste cyclable nous attend, telle une anguille elle longe la rivière, nous nous faufilons dans un tunnel de verdure sinueux, une maison d’architecte, sorte de bunker en tôles rouillées monté sur pilotis pataugeant dans un étang. Au sortir de ce tunnel il est temps se remplir la dent creuse, Saint Rémy sera bienvenue. Après un petit repas en terrasse, prenons la piste cyclable, toujours dans la vallée, en direction de Cernay, Saint Remy et Chevreuse se trouvent sur l’autre berge, à 1 km un très beau château style Versailles, dans un grand parc, a élu domicile sur le lieu-dit Coubertin, retenez ce nom. A un saut de puce de là nous nous faisons héler, la réputation de la seigneurie Echappées Belles s’étend loin de notre paroisse ! Que nenni, pas tout à fait, damoiselle Sylvia et son fidèle écuyer Julien venaient faire adieu alentours en une boucle en sens inverse, nous avons fait ripailles à moins d’une lieue d’écart, c’est ballot. Chacun reprend son chemin. On nous espionne, le château de La Madeleine ne nous quitte pas des yeux, jusqu’à ce que l’on prenne la vallée de Saint Forget, début du retour. En position très dominante, bien dégagé, il était trop loin pour Colette. Chevreuse, au pied du château, encore un peu loin, qu’à cela ne tienne, allons plus près. Maintenant c’est super pour Colette, nous sommes devant les portes. Comment étions nous arrivés là ? … tout naturellement par la côte … à bon pensa Colette. A quelques pas,
avant de repartir, un arrêt rafraîchissement à la fontaine « Sainte Madeleine », une fontaine en haut d’une butte tend du miracle, n’est-ce pas ? L’asso handi du Mesnil y tient buvette avec ses handbicles, quelques mots et retour dans la vallée. Ho mais cette côte elle descend bien ! A l’entrée de Saint Rémy à gauche, Vallée de Saint Lambert. A peine avions nous tourné, la tête d’un géant, le cigare au bec, au-dessus d’une haie, a l’air de nous narguer. Courageusement, tel Don Quichotte, nous allons rendre visite à ce Goliath en redingote, un livre dans sa main gauche. Pour hisser sa carcasse d’au moins 4 m , il lui a fallu un énorme trépied. Ce colosse qui a un petit air de Pompidou, tout d’inox vêtu, n’est pas très bavard. Pour en savoir plus direction Philolaos, les quelques maisons à proximité. La première un immense atelier entouré de sculptures inox grands formats, un autre personnage, Jo les belles bacantes, de même taille, les bras croisés nous attend patiemment, pas plus loquace le père. Belle vue sur la vallée, personne dans les maisons, nous n’en saurons pas plus. Au moment de partir 2 personnes de taille normale, des lilliputiens, passent. Dites braves gens, est-il courant que les habitants de cette région Philolaos aient de si grands pieds ? L’homme s’approche en enfilant un masque autour de ses oreilles, sa femme méfiante reste en retrait. Philolaos n’est pas un lieu-dit, c’est le nom grec, du sculpteur qui a enfanté ces personnages. Il a juste eu le temps de terminer l’homme au cigare, probablement Pompidou, quand à Jo les belles bacantes c’est Pierre de Coubertin qui regarde vers le château dans son domaine, rappelez-vous … c’est lui « le principale est de participer ». Ces autochtones nous en dirons bien plus, on ne va pas tout vous dévoiler, il fallait venir. La vallée de Saint Lambert, pas très large, se faufile entre deux coteaux boisés, alternance prés, grand étang, chevaux, vaches, donne envie de flâner.
Au sortir des vaches écossaises aux longs poils et grandes cornes pointues et effilées, sont venue en villégiature, et nous allons avaler la côte de Port Royal, puis les étangs de La Minière, la gare de Saint Cyr, les oies de bronze nous annoncent la fin du périple. Bailly, dernière, et une des peu de côtes du parcours. Marly, il est bien plus tard que midi et demi, ce n’était pas un samedi comme les autres.